La prothèse de genou, ou arthroplastie du genou, est une intervention chirurgicale visant à remplacer tout ou partie de l’articulation endommagée par une prothèse artificielle. Principalement indiquée pour l’arthrose sévère, les rhumatismes inflammatoires ou les séquelles de traumatismes, cette procédure améliore significativement la qualité de vie des patients en réduisant la douleur et en restaurant la mobilité. Avec plus de 100 000 poses annuelles en France, c’est l’une des chirurgies orthopédiques les plus courantes.
1. Qu’est-ce qu’une Prothèse de Genou ?
Une prothèse de genou reproduit l’anatomie de l’articulation. Composée généralement de trois éléments principaux :
- Composant fémoral (en alliage métallique) recouvrant l’extrémité du fémur.
- Composant tibial (métal + polyéthylène) fixé sur le tibia.
- Composant rotulien (plastique) remplaçant la surface articulaire de la rotule.
Ces pièces sont fixées grâce à du ciment osseux ou par ostéo-intégration (croissance osseuse autour de la prothèse). Les matériaux privilégiés (cobalt-chrome, titane, plastique haute densité) allient résistance et biocompatibilité.
2. Types de Prothèses
- Prothèse Totale (PTG) : Remplace les trois compartiments du genou. Indiquée en cas d’usure généralisée, c’est la plus courante (90% des cas).
- Prothèse Unicompartimentale (PUC) : Remplace un seul compartiment (interne, externe ou fémoro-rotulien). Moins invasive, elle préserve les ligaments et offre une récupération plus rapide, mais convient uniquement si l’usure est localisée.
- Prothèse de Révision : Utilisée pour remplacer une prothèse défectueuse (descellement, infection). Plus complexe, elle requiert des implants renforcés.
3. Déroulement de l’Intervention
L’opération, sous anesthésie générale ou péridurale, dure 1 à 2 heures :
- Incision : 15 à 20 cm pour une PTG, réduite à 8-10 cm en technique mini-invasive.
- Préparation osseuse : Les surfaces abîmées sont réséquées pour adapter les composants prothétiques.
- Fixation : Les implants sont scellés, puis l’articulation est testée en mobilité.
- Fermeture : Drains posés pour évacuer les saignements, sutures avec agrafes ou fils.
Une hospitalisation de 3 à 5 jours est typique, suivie d’un transfert en centre de rééducation si nécessaire.
4. Récupération et Rééducation
La rééducation débute dès le lendemain de l’opération pour prévenir les raideurs et complications thromboemboliques.
- Semaines 1-6 : Marche avec béquilles, exercices de flexion/extension (objectif : 90° de flexion à 1 mois).
- Mois 2-3 : Renforcement musculaire et reprise progressive des activités.
- À 6 mois : 90% des patients retrouvent une mobilité satisfaisante.
La kinésithérapie est cruciale, parfois complétée par électrostimulation ou cryothérapie. Les sports à impact (course, ski) sont déconseillés pour préserver la prothèse.
5. Risques et Complications
Bien que la chirurgie soit sûre (taux de succès >90% à 10 ans), des risques existent :
- Infections (1-2% des cas) : Nécessitent parfois une réintervention.
- Thrombose veineuse : Prévenue par anticoagulants.
- Descellement : Usure des implants, surtout chez les patients jeunes ou obèses.
- Raideur articulaire : Requiert des manipulations sous anesthésie.
Un suivi régulier (radiographies annuelles) permet de détecter précocement ces problèmes.
6. Innovations Récentes
- Chirurgie Robotique (ex : MAKO, ROSA) : Augmente la précision du geste chirurgical via une modélisation 3D préopératoire, optimisant l’alignement des implants.
- Prothèses Personnalisées : Fabriquées sur mesure par impression 3D, adaptées à la morphologie du patient.
- Capteurs Intelligents : Intégrés dans la prothèse, ils analysent la pression et l’usure en temps réel, alertant en cas de dysfonctionnement.
- Biomatériaux : Hydroxyapatite pour favoriser l’adhérence osseuse, ou polyéthylène cross-linked plus résistant.
7. Témoignages et Résultats
Jean, 68 ans, témoigne : “Après des années de douleurs, je marche à nouveau sans canne et ai repris le vélo.” Selon une étude de la SOFCOT (2022), 95% des patients sont satisfaits après 1 an, avec une durée de vie moyenne des prothèses de 15-20 ans.
Conclusion
La prothèse de genou représente une solution efficace contre l’invalidité articulaire, avec des techniques de moins en moins invasives et des implants durables. Si les risques existent, les avancées technologiques promettent des résultats optimisés. Une consultation avec un chirurgien orthopédiste reste essentielle pour évaluer les indications et choisir l’option adaptée. En combinant innovation et expertise médicale, cette chirurgie redonne liberté et confort à des milliers de patients chaque année.